Le spleen du tourdumondiste, comme gérer le retour du voyage

Mer d'Iroise en Bretagne pour un retour en douceur

On va être franc avec toi, un retour de voyage au long cours c’est dur, très dur ! Rentrer… on a beau vouloir l’ignorer mais ça finit bien par arriver. Tôt ou tard tous les tours du monde ont une fin et il faut à nouveau affronter le gris, le froid, le travail, remettre des chaussures fermées ou toute les autres choses qui nous ont poussées à partir.

A force de discuter de notre retour de voyage autour de nous, nombre de personnes nous disent que déjà après 2 semaines de vacances, c’est dur, alors ils n’imaginent même pas ce que doit être un retour de voyage après plusieurs mois. Et c’est vrai, alors c’est surtout là que tu réalises que notre rythme de vie de fou à tous n’est pas naturel. Un retour de voyage au long cours, c’est dur, ça pique, ça fait mal.

Alors comment faire pour ne pas sombrer dans un spleen de retour de voyage ? Là, on va te parler de notre retour de notre tour du monde, mais comme on te l’a dit, beaucoup de monde (peut-être toi aussi) se retrouve dans ce spleen de retour de voyage.

Le spleen d’un retour de voyage au long cours, un problème récurant

En lisant les blogs ou en parlant avec d’anciens tourdumondistes, le spleen semble être un point commun à tous ceux qui sont de retour d’un long voyage et particulièrement d’un tour du monde. Et plus le voyage est long, plus le retour semble difficile (beaucoup partent 1 année…).

Si les destinations choisies, les modes de voyages, ou les styles de voyages diffèrent, le blues du retour de voyage semble tous nous unir. Pourtant, on ne trouve pas beaucoup d’articles sur la blogosphère pour faciliter son retour. Ce qui est sûr, c’est que tu ne pourras pas éviter ce choc, mais tu peux l’atténuer.

Cascades à Hawai tourdumondiste
Devant une cascade de Maui à Hawaï
Dans l'outback en Australie en tourdumondiste
Le jour où on a découvert l’outback en Australie

La réponse chimique à un problème chimique

Est-ce que c’est dans notre ADN de Suisses ? On ne le sait pas mais ce qui est sûr, c’est qu’on était sérieusement en manque de bons fromages de chez nous. Et c’est bien connu, le fromage rend (à court terme) heureux. Nous avons aussi fait le plein de viande séchée des Grisons dont rien que l’odeur adoucit la vie. On t’as a parlé du chocolat suisse ? Autant te dire qu’on a négligé aucune piste !

Spécialités suisses pour guérir d'un retour de voyage
Les spécialités suisses sont idéales pour gérer un spleen

Oui oui, ne t’en fais pas, on sait que ce n’est pas une solution viable et que le fromage contient une substance hautement addictive. Nous avons donc opté par la suite pour un régime à base de fruits et légumes, mais seulement après s’être fait plaisir quelques jours. Maintenant, c’est tomates, graines, avocats, autant d’aliments favorisants les neurotransmetteurs qui sont en chute libre en cas de spleen. Le but n’est pas de te donner des recettes de smoothies spécials happiness ! On veut juste mettre l’accent sur le fait qu’il ne faut pas négliger l’impact de l’alimentation au retour d’un voyage.

Une activité sportive n’est pas à négliger non plus. Au-delà des bienfaits sur l’aspect physique, faire du sport procure un bien être profond à l’esprit. Les endorphines sont des neurotransmetteurs à l’effet euphorisant et qui procurent le bien-être. La fabrication d’endorphine est liée à la durée et à l’intensité du sport pratiqué.

Un esprit sain dans un corps sain, n’est-ce pas le secret du bonheur ? On donne donc à notre corps une réponse chimique à un problème chimique.

Donner à l’esprit du tourdumondiste ce qu’il demande lors d’un retour de voyage

Avoir chaque jour de nouvelles choses à découvrir, explorer, photographier, bronzer et écouter la mer, se sentir libre, etc… Tout ça c’est ton quotidien pendant ton voyage et ça peut rendre accro. De retour entre 4 murs, dans un pays trop gris et plein de visages qui le sont encore plus, le choc est grand. Trop grand. Mais comme dans toute addiction, le sevrage ne se fait pas d’un coup, sans souffrir plus que de raison. Il faut un palier de décompression. C’est pourquoi avec Alexandra, nous avons opté pour le retour en 2 temps. Soigner son retour de voyage en partant en voyage !

2-3 jours à la maison, quelques vêtements plus chauds dans la valise pour partir ensuite en city trip à Naples, puis 15 jours en Bretagne, plus précisément en Mer d’Iroise. Si tu nous suis sur les réseaux sociaux, tu as sans doute noté que les conditions météo nous ont contraints à devoir annuler Naples, mais en revanche rien n’aurait pu nous tenir éloignés de la Bretagne. Nous revoici donc sur les routes, faces à de nouveaux paysages, de nouvelles découvertes et la mer. Les sons, les odeurs, les spécialités locales (surtout bretonnes !), qu’est-ce que ça fait du bien ! Le voici le palier de décompression. C’est vrai après tout, pourquoi ne pas poursuivre ton tour du monde plus près de chez toi, où tu veux. Pourquoi rentrer chez soi et mettre un point final abrupte à une si belle aventure ? Tu peux nous croire, ça nous a fait un bien fou !

Si tu n’as pas la possibilité de repartir tout de suite (on s’était exprès garder du temps en ce qui nous concerne), planifier un prochain week-end ou voyage te fera aussi du bien.

Devant-le-phare-St-Mathieu-en-Bretagne
Le Phare St-Mathieu en Bretagne, on s’en met plein les yeux !
Se remettre d'un retour de voyage de tourdumondiste
Le Finistère en Bretagne, un paysage qui parle au coeur

Anticipation positive de son retour de voyage

Le risque quand tu parcours le monde, c’est de passer les derniers jours (semaines) à penser au retour. Tu n’es ainsi plus vraiment en voyage sans être vraiment rentré. Ce n’est pas trop mon cas, mais c’est très net chez Alexandra qui est plus terre-à-terre.

Je me dis toujours qu’on va bien trouver un moyen d’échapper au retour, en montant dans le mauvais avion ou en gagnant au Loto par exemple, même si on n’y joue pas (je suis quelqu’un de très réaliste). Alexandra, pensera aux contraintes de toutes sortes qui sont inévitables dans la vie. Avec un ou deux petits voyages de prévu pour amortir le choc, on désamorce cette anticipation du retour de voyage. En pensant moins aux réalités de la vie et plus à ce qu’on va encore découvrir.

Et soyons justes, il y a pas si loin de chez nous, des paysages qui sont bien aussi spectaculaires que ceux que tu trouves en Australie ou aux Etats-Unis. Ce qu’il faut, c’est garder cette capacité à s’émerveiller, même si on paie dans la même monnaie que chez nous ou si on y parle la même langue.

Les paysages du Finistère pour se remettre du retour de voyage
Comment ne pas s’émerveiller devant la belle Bretagne ?

Pourquoi donc ne pas garder un peu de temps sur ton tour du monde pour découvrir des lieux en Europe ou même plus près de chez toi ? Le plus grand des voyages commence toujours par un premier pas.

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Spleen retour de voyage du tourdumondiste Pinterest

26 Comments
  • Je vous comprends tellement ! C’est exactement ce qu’on a ressenti après nos trois mois aux USA…
    Passer d’une vie à crapahuter chaque jour, aller de découvertes en découvertes… à la routine métro boulot dodo, ça fait un choc. Je vous rejoins totalement sur le fait de prévoir un prochain voyage pour tenir le coup, c’est ce qu’on a fait aussi (l’Irlande en mai !). Et surtout continuer de s’emerveiller même chez soi, c’est super important.
    Et je valide évidement la thérapie au fromage !
    Prenez soin de vous, plein de bisous !
    Melissa

    • Coucou Mélissa ! On a beaucoup pensé à vous à notre retour… Un arrêt aussi net à la découverte et à la stimulation générale, c’est vraiment violent. S’émerveiller c’est vraiment important, sinon tu penses que l’herbe est plus verte ailleurs et quand tu vas la voir t’es déçue. La Terre est belle de partout, mais comme tu dis, c’est le rythme du quotidien qui change. On se réjouit de suivre votre voyage en Irlande, ça a l’air magnifique ! Prenez soin de vous aussi et n’oublie pas, on vous attend en Suisse !

  • Très philosophique tout ça. Mais c’est vrai que le retour d’un tel voyage n’est pas forcément facile à gérer et il vaut mieux le préparer. Et comme vous le dites si bien, le palier de décompression se trouve souvent à portée de main. Merci pour vos conseils et votre ressenti.

    • Merci pour ton message ! Oui c’est dur un tel retour, mais il faut justement prévoir des petites projets ou escapades pour atténuer le choc.

    • Coucou Manon et merci ! Je savais que tu nous comprendrais ! Comme tu dis, on en a souvent parlé et finalement la conclusion est la même… Il faut du temps et surtout prévoir d’autres voyages… Il me semble que tu pars bientôt à l’aventure si j’ai bien suivi, alors je me réjouis de voir ça !

  • je ne suis jamais partie aussi longtemps que vs mais j me rapelle encore comment j étais lors de mon retour après 2 semaines au Brésil
    en plus au retour c était quelques semaines après les attentats de novembre 2015 à Paris
    plus d autres pbs de tout ordre c était vraiment chaud
    au Brésil j étais dans 1 autre monde
    le retour à la réalité a été un vrai choc
    je n ai pu repartir que 6 mois après lool devinez où en Bretagne à Saint-Malo ça m a fait 1 bien fou vraiment

    • Coucou Tania ! Merci pour ton partage d’expérience ! On n’imagine même pas le décalage culturel entre le Brésil et la France et encore plus dans les moments que tu décris. C’est vraiment dur. On te souhaite pleins d’autres voyages au Brésil !!!! ;o)

  • Coucou les copains,
    Je sais que si l’on part un jour sur de la longue durée, la question du retour se posera forcément ! Mais je me dis que déjà être parti est une superbe aventure et qu’il faut continuer comme vous l’avez fait à vous faire des petites escapades proches de chez soi, se prévoir des petits weekend pour éviter le coup de blues 😉
    Et vous avez eu raison de venir en Bretagne, ça vaut tous les tours du monde 😉 hi hi

    • Coucou les Trotteurs addict ! Merci pour votre message ! Oui, d’être partis c’est déjà génial en effet ! On ne soupçonnait juste pas à quel point revenir à la réalité était difficile, mais pas impossible ! Et la Bretagne, quelle belle région ! C’était juste du bonheur !

    • Coucou Florence ! Tu fais bien de poser la question ! On ne pense pas pouvoir apprécier une vie nomade où on change régulièrement d’endroit. C’est quelque chose qui nous plaît en voyage, mais pour vivre, on préfère s’installer. Maintenant rien ne dit que notre avenir est forcément en Suisse du coup, mais faudrait trouver le job qui ferait qu’on pourrait suffisamment bien gagner sa vie, comme les nomades digitaux ;o)

  • Un sujet très intéressant, j’ai des amis qui sont partis 6 ou 12 mois en congé sabbatique et le retour fut rude… C’est important de penser à l’après, c’est sûr que le quotidien peut vite paraître plus morose après de longs mois de vie intense ! Vos remèdes anti-spleen sont tous assez bien pensés, j’avoue que le cure de chocolat et les vadrouilles le temps d’un week-end ont ma préférence ! Merci pour ce partage !! Bisous

    • Coucou Amandine ! Merci pour ton commentaire ! En effet, le quotidien est plus morose… pendant des mois tu as la stimulation de la découverte et après plus rien. Faut juste se réacclimater et commencer à prévoir d’autres escapades ! ;o)

  • Ahah c’est vrai qu’elle est belle notre Bretagne 🙂
    Très bon article, c’est vrai que c’est un sujet qu’on aborde rarement, et pourtant ça fait du bien de savoir qu’on est pas seuls dans cette situation.
    Après un an en Australie, j’ai très mal vécu le retour dans cette vie morne et grise, pleine de contraintes et sans aucune liberté. J’ai beaucoup remis en question notre mode de vie, et depuis, j’attends le prochain grand voyage avec impatience.
    Je pense personnellement que ce mal du voyage ne guérit jamais. On peut l’atténuer comme tu le dis très bien, mais tant qu’on est pas sur la route, l’envie de découverte ne nous quitte jamais… Enfin c’est l’impression que j’ai, qui sait si je changerai d’avis un jour 🙂
    Merci pour toutes ces pistes en tout cas, ça peut en aider plus d’un!

    • Hello Clémentine ! Merci pour ton message, on te comprend tellement ! La Bretagne, non seulement elle est belle mais en plus elle guéri les cœurs en mal d’argonautes…
      1 an ?! wouaaa, le retour a dû bien piquer. Tu as changé beaucoup de choses ? est-ce que ça t’a aidé ?
      Nous aussi, on commence à se dire que quand la graine du voyage est plantée, elle reste toujours et ne demande qu’a re-germer un jour.
      On espère que cet article aidera les prochains déprimés du retour 🙂

  • Je ne connais pas le spleen du tourdumondiste, uniquement le spleen de celui qui rentre de vacances 😉 Et cela nous est pénible à chaque fois, j’ose donc à peine imaginer la déconnexion que l’on doit ressentir après plusieurs mois de périple en dehors de chez soi, de sa réalité !
    D’où l’importance, comme vous le soulignez, de ne pas l’ignorer et de s’y préparer. Il y a visiblement moyen de rendre l’atterrissage plus doux !
    Merci pour ce retour d’expérience très intéressant et bises à vous 2 🙂

    • Coucou Céline ! Merci pour ton message ! C’est aussi pour ça qu’on a fait cet article, on entend de plus en plus qu’il est difficile de se remettre de…ses vacances. Les recettes sont les mêmes, mais le choc est juste plus accentué. Mieux vaut prévenir que guérir ;-). Merci de nous suivre et on te souhaite de pouvoir partir une fois plus longtemps pour que tu goûtes à tout ça.

  • Coucou !
    Tu prépares ton tour du monde mais tu te dois de préparer le retour, j’imagine bien.
    Déjà qu’après 3 ou 4 semaines, c’est rude, alors je n’ose penser à comment ne pas être déprimé après tant de mois…
    C’est une bonne idée de s’organiser des “petites” escapades pour l’après-retour, ainsi tu digères mieux la situation et ce sont des projets auxquels tu te raccroches pour aborder la suite.
    C’est instructif votre article, merci encore pour ce partage.
    Belle continuation.

    • Bonjour Laurence ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! Il faut effectivement s’aménager du temps au retour. On aurait pu prolonger le voyage en Australie et aux USA, mais on voulait pourvoir atterrir tranquillement une fois de retour en Europe. Le choc est moins violent et en plus tu te prévois quelques escapades ;o)

  • Comme je vous comprends…Après nos 2 mois en van autour de l’Adriatique, comment dire…le retour à été rude! Nico changait de boulot, de mon côté je démarrais ma formation d’1 an et enfin on changeait complétement de région (de Bordeaux à Nantes)…Bref, on s’est dit qu’on allait jamais pouvoir reprendre une vie normale…mais au fil du temps la vie a repris son cours, on a planifié d’autres voyages, création du blog, album photos…Et puis, il faut relativiser,, pas mal de gens ont pas la possibilité de voyager…

    • Coucou ! Merci beaucoup pour ton commentaire très intéressant ! On imagine à quel point cela a dû être difficile de reprendre une routine normale, surtout avec tous ces chamboulements ! Mais comme tu dis, pas tout le monde a la chance de voyager.
      Ton commentaire démontre bien, qu’il y a un spleen au retour du voyage, mais il faut du temps pour s’en remettre. C’est juste que quand t’as un rythme de “liberté”, tu réalises à quel point on est fait pour la découverte et prendre son temps… ;o)

  • C’est marrant car je n’ai pas vraiment ressenti ça lorsque nous sommes rentrés en France l’été passé mais je pense qu’il y a plusieurs raisons à ça. Déjà, je n’avais pas vu ma famille et mes amis depuis presque un an et demi. Sachant que depuis qu’on habitait à Montréal (presque depuis 3 ans) j’étais rentrée une seule fois, donc après ces années d’expatriation et nos 4 mois de voyages, j’étais impatiente de rentrer en France. Et puis aussi, je savais qu’on allait repartir 2 mois plus tard en direction de l’Amérique du Sud … donc bon !
    On verra comment je le gérerais quand on rentrera s’installer en France cet été. Mais j’avoue que l’alimentation et le sport sont importants dans ces moments-là, tout comme l’entourage. Et puis peut être redécouvrir sa ville aussi, visiter les expos qui ont ouvertes pendant notre absence, retrouver un café ou un bar qu’on adore.

    • Coucou Laura ! Merci pour ton partage très intéressant ! On va suivre quelques-uns de tes conseils pour les expos et lieux qu’on aimait bien, c’est une bonne idée ! C’est sûr que le voyage qui t’attendait devait être une jolie motivation, en tout cas, nous on se régale à vous suivre ! Bonne continuation ;o)

  • C’est sûr que ça ne doit pas être évident le retour à “la vie réelle”, le plus long que j’ai fais été un mois et déjà là j’avais beaucoup de mal… j’imagine pas plus longtemps. Par contre autant j’approuve le petit paragraphe sur la nourriture et le bonheur à court terme, autant pour le sport … de quoi bien achever de rentrer en dépression s’il faut reprendre le sport 😛

    • Coucou Steve ! Merci pour ta visite sur le blog ! Oui déjà après 1 mois, c’est difficile et on confirme qu’après 5-6 mois aussi ! Plusieurs personnes pensaient qu’on serait rassasiés et contents de revenir, mais pas vraiment en fait ;o)
      Pour le sport, on comprend ce que tu veux dire ! ;o)

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