Route 50 : la route la plus solitaire des USA

Route 50, la plus solitaire des USA

Il n’y a pas de road trip aux USA mythique sans route mythique. La Highway 1 en Californie, La Highway 101 dans l’Oregon et bien sûr la route 66, qu’on ne présente plus. C’est sûr qu’il y a largement de quoi faire pour un road trip aux USA. Il est temps d’ajouter la plus déserte et solitaire d’entre elles : la route 50 dans le Nevada. Surnommée “the loneliest road in the USA”, cette route de 600 km dans le Nord du Nevada a été un grand moment de notre road trip dans l’Ouest américain (Utah-Nevada). Après tout, tu as déjà reçu toi un guide de survie avant de prendre une route ? Tu as déjà reçu un diplôme pour avoir parcouru une route ? Non ? Alors viens découvrir notre récit sur une route pas comme les autres.

La route 50 c’est quoi ?

C’est une route essentiellement déserte, un ruban d’asphalte à travers le désert du Nord du Nevada qui s’étend de Baker (à côté du Great Basin National Park), jusqu’à Carson City (capitale du Nevada), près du Lac Tahoe. D’après l’American Automobile Association, il faut maîtriser les principes de survie si on veut s’y aventurer.

La route 50 suit en partie le tracé du Pony Express, elle est bordée d’anciennes villes minières, maintenant à moitié villes fantômes, qui sentent bon la ruée vers l’or.

Extrait du guide de survie : en juillet 1986, le magazine Life décrit le tronçon de la Highway 50 qui relie Ely et Fernley, dans le Nevada, comme « la route la plus solitaire d’Amérique ». D’après le journaliste, ces 462 km de ligne droite ne présentent aucun intérêt touristique, et il recommande de ne pas s’y aventurer à moins de connaître les principes de la « survie » en milieu hostile. Les habitants ne se sont pas laissés démonter (tu m’étonnes !) et même s’ils savent la route 50 peu fréquentée, c’est aussi l’une des plus belles et des plus anciennes route du Nevada.

La route 50 symbolise à elle seule l’esprit pionnier du Nevada. La route 50 sent l’histoire et la ruée vers l’or.

Route 50 et le territoir du Pony Express

Comment est-on arrivé sur la route 50 ?

Au détour d’une discussion avec TravelNevada, nous avons reçu le petit guide de survie de la route 50. Très bien fait, il retrace le parcours de la route, les étapes possibles et surtout les précautions à prendre avant d’aller s’y aventurer. Après l’avoir lu, on le referme, il rejoint le tiroir qu’on n’ouvre presque jamais et ne reste dans notre esprit plus que l’inscription sur la couverture : « Survival Guide, the loneliest road in America »…

Si tu es un/e lecteur/trice régulier/ère de notre blog voyage, tu as sûrement déjà compris qu’on ne pouvait pas résister longtemps à aller voir ça de nos yeux. On aime trop la route, les grands espaces et les lieux uniques, hors du temps.

En plus, nos divers road trip aux USA nous ont déjà fait passer par des endroits tellement paumés (tu te souviens du Salton Sea ?), qu’une route qui annonce être la plus solitaire des USA ça devait vraiment être quelque chose. A nous de le vérifier ou plutôt let’s find out comme ils disent là-bas…

Quoiqu’il en soit, quand on s’était enfin décidé que nos vacances de septembre-octobre 2018 allaient se dérouler dans l’Ouest américain, Alexandra a réussi à organiser exprès l’itinéraire de notre road trip pour pouvoir parcourir la route 50.

La route 50, un guide de survie et des tampons

Comme on te l’a dit, si tu décides de t’aventurer sur la route 50, tu peux obtenir un diplôme attestant que tu as « survécu » à la Highway 50. Pour ceci rien de compliqué en théorie : entre Baker et Carson City, il y a 8 étapes où tu peux faire tamponner ton guide comme autant de points de passage. Si tu en récoltes au moins 5, alors il ne te reste qu’à poster ta carte tamponnée à l’attention de l’Office du Tourisme du Nevada pour recevoir quelques semaines plus tard ton diplôme signé ni plus ni moins par le Gouverneur du Nevada. C’est fun et ça reste un souvenir sympa, comme un rallye ou une petite chasse aux tampons à travers les villes minières qui la borde.

De notre côté, nous avions organisé notre road trip sur la route 50 pour avoir les 5 tampons minimum : Baker (avec le Great Basin National Park), Ely, Eureka, Austin et Fallon.

Guide de survie à tamponner sur la route 50

Préparer son road trip sur la Highway 50

Se mettre dans l’état d’esprit cowboy et désert du Nevada

Nous avons choisi de commencer notre road trip sur la route 50 par la ville minière d’Ely. Petite ville qui croît et décroît en fonction des cours du cuivre largement exploité dans la région. Ici, c’est l’Amérique profonde façon Truck & Guns, tu vois le genre ? Ambiance. Ely abrite son inévitable casino qui est aussi le meilleur hôtel de cette ville historique du Nevada. Pas mal de fresques (street art) réparties dans Ely nous plongent dans le passé de cette ville. Le Ely 11 block Art trail, permet de n’en manquer aucune.

On est toujours en ville, mais on se sent déjà tellement loin de chez nous et de nos repères. Les gens nous regardent avec curiosité dans les bars et au supermarché parce qu’entre nous on ne parle pas en anglais. De toute façon, ici, même quand tu parles en anglais, tu ne fais pas illusion : tu peux garder ton accent de Boston, ici c’est le Nevada !

C’est une Amérique très authentique et donc très dépaysante qu’on se prend en pleine face. A Ely, pas de lustre clinquant version « American dream », pas de démesure type Las Vegas, non. Ici, on travaille, dur et on se serre les coudes, le tout dans une ambiance surannée aux relents de ruée vers l’or et de Western.

Epaves de camions à Ely
Quelques épaves de camions photogéniques au bord de la route

Et préparer une voiture de survie !

Pour parcourir la route 50, il est absolument nécessaire de se préparer. Rien de dramatique, mais tu seras plus serein/e de prévoir des provisions et c’est aussi plus sage. On ne se sait jamais ce qu’il peut se passer, ni combien temps on risque d’attendre de l’aide en cas de besoin. De plus, il n’y a pas vraiment d’endroit où t’arrêter si tu as une petite faim. Un stop au seul supermarché d’Ely est donc impératif. Sur le parking, les pick-up ont la part belle, avec ou sans buggy de chasse à l’arrière, mais toujours avec une grande glacière que les clients remplissent de glace (et de bières) au supermarché avant de partir chasser (l’ouverture de la chasse venait d’être lancée). Ça ne rigole pas, on sent les habitudes bien rodées et surtout, c’est une affaire sérieuse dans la région.

Une fois le plein d’eau (vraiment beaucoup d’eau), biscottes, Babybel (bien pratiques), barres de céréales fait, on est paré en cas de pépins sur la route. Enfin presque, un passage s’impose à l’une des très nombreuses stations essences locales, car même si notre voiture ne consomme pas trop, son autonomie n’est pas énorme et qui sait où nous pourrons refaire le plein ? C’est donc par le réservoir rempli à ras-bord qu’on termine nos préparatifs.

Rouler sur la route 50

Ça y est : c’est le grand jour. De Ely à Fallon, c’est un peu plus de 420 km qui nous attendent. Ce sont exactement ces kilomètres dont le journaliste parlait qui étaient inintéressants et où il fallait maîtriser certains principes de survie (ça ne me fait pas peur, je suis fan de Bear Grylls !).

Même si ce ne sont pas beaucoup de kilomètres dans un road trip, l’ambiance est donnée, on part sur la route la plus solitaire des Etats-Unis ! On quitte Ely et notre Hôtel-Casino à la déco de prospecteurs pour monter sur notre cheval, enfin prendre notre voiture, et affronter cette route qui nous fait doucement frissonner depuis qu’on en a entendu parler. Duel, ce film des années 70 de Spielberg, ça te parle ? Parce qu’on y pense fortement là…

Imagine : une légère appréhension au creux du ventre, tu sers et desserres tes mains du volant. Encore garés dans la Maine Street, la route s’offre devant toi et avec elle l’aventure. Une ambiance de western flotte dans l’air, ne manque qu’une musique de Sergio Leone en fond sonore. C’est parti, mais on choisi « Born to Be Wild » pour se mettre dans l’ambiance.

Une fois laissé Ely dans nos rétros, une route en très bonne qualité s’étend devant nous. Tantôt droite à perte de vue et tantôt serpentant dans les montagnes (on monte tout de même à 2’500 mètres). Mais droite ou sinueuse, les environs sont les mêmes : désertiques. C’est tout de suite clair qu’en cas de pépin, on sera seuls et isolés. Alexandra essaye de ne pas trop flipper et moi j’énumère dans ma tête tous les pépins qui pourraient arriver et à chaque problème sa solution (Bear, en ce moment je me remémore toutes tes techniques ! #OnNestPasDanslExageration).

On réfléchit par étape, ça fait moins frissonner que de se dire qu’on en a pour 400 km de route sur la route la plus solitaire des USA. Les premières villes, Eureka et Austin, sont assez proches l’une de l’autre (environ 1h30), après entre Austin et Fallon, c’est un peu plus long.

On savait qu’à Eureka et à Austin on trouverait de l’essence, donc cela nous rassurait pas mal. Par contre, sur la route 50, t’as pleins de routes annexes où tu peux partir t’aventurer pour randonner un peu. Là, c’était trop pour nous, car il était hors de question qu’on prenne le risque de se perdre ou de crever un pneu voire même rencontrer un des serpents à sonnette de la région. Est-il nécessaire de te préciser que le réseau téléphonique n’existe pas dans le désert du Nevada ?

Nos pauses à Eureka et Austin sont vraiment spéciales car ces villes ne sont pas très vivantes, surtout le week-end. Trouver qui va tamponner notre guide devient une vraie mission. A l’Eureka Sentinel Museum, seul établissement ouvert lors de notre passage, on tombe sur une dame tellement gentille, qu’on était ému de la quitter. On a parlé longuement de notre voyage, de la route 50, du Nevada, du vrai ! On visite le musée, on achète quelques souvenirs sympas et on a notre tampon ! Comble de la gentillesse, elle tamponne Eureka et Austin, car elle nous a dit qu’à Austin, rien ne serait ouvert un samedi matin. Yes, il nous manque plus que Fallon !

The sentinel museum Eureka Nevada
The sentinel museum à Eureka

En effet, arrivé à Austin, c’est mort. Là où on a vu le plus d’activité c’est à la seule pompe à essence de disponible. On refait le plein, quelques photos et c’est reparti, cette fois, direct pour Fallon.

Sur la route pour Fallon, on croise un vieux cowboy qui transportait de la fourniture pour son ranch et qui a crevé son pneu. Imagine un peu, ça fait bien 1h qu’on a quitté Austin, on passe plusieurs plaines et plusieurs montagnes (le Nord du Nevada quoi…) et tout d’un coup, dans le sens inverse, un motard qui nous fait signe de ralentir et rien de plus.

Bref, on est clairement loin de tout, on ne voit rien de spécial à l’horizon, on se met alors à croire que c’est notre voiture qui a un problème, on roule plusieurs kilomètres en passant en revue tous les scénarios et dans un virage (forcément), il est là : un gros camion à 8 essieux, un pneu éclaté au milieu de la route et un peu plus loin le cowboy qui mettait son véhicule en sécurité. Il nous a dit que tout était OK et que les secours allaient arriver. Oui, ok pas de soucis, mais on est d’accord que tu vas attendre minimum 2h là ?! Après s’être assuré que tout allait bien, il nous a dit que nous pouvions continuer notre chemin, rolalalala ces cowboys solitaires…

Arrivés à Fallon, on avoue être déçus de cette ville qu’on trouve un peu glauque. Trouver le dernier tampon est un parcours du combattant. Notre GPS lâche et ne trouve pas le musée, le seul établissement ouvert un samedi susceptible de tamponner notre guide. L’heure avance et bientôt tout sera fermé, le stress monte. On ne va quand même pas échouer sur la ligne d’arrivée ?!? On ne s’est pas coltiné la route la plus solitaire des USA pour ne pas avoir le tampon qui nous délivrera notre guide de survie ?! C’est notre dernier moment sur la route 50, on ne peut pas attendre plus longtemps.

Finalement, à 30 minutes de la fermeture du musée, on a nos 5 tampons, on l’a fait ! Tellement contents d’y être parvenus, nous passons un moment au musée à discuter avec les locaux et découvrir un peu l’histoire de la ville. On passe la nuit à Fallon, mais comme on le disait dans notre article sur notre Road trip dans l’Ouest américain, on te conseille de conduire 1h-1h30 de plus et de dormir à Virginia City ou Carson City.

Que faire sur la route 50 ?

Même sur la route la plus solitaire des USA, il y a toujours quelque chose à faire. Aux alentours des petites villes qu’on traverse, un ou plusieurs driving tour sont disponibles. Comme nous avions du temps à Ely, nous avons pris notre 4X4 pour aller sur une route en terre battue voir le parc d’état historique de Ward Charcoal Ovens, au coucher du soleil. Chaque tour mène à des points d’intérêts différents comme le Pyramide Lake de Fernley, les restes du Fort Churchill près de Dayton ou le Stillwater National wildlife refuge à Fallon (qui était fermé le samedi…), etc. Même le long de la route, on peut trouver en plein désert des endroits où faire du vélo ou encore voir des pétroglyphes. Sur la route 50, isolés ne veut pas dire sans intérêt, eh oui Monsieur le Journaliste ! ;o)

Ward Charcoal Ovens state parc près d'Ely
Le parc d’état Ward Charcoal Ovens

Visiter les villes de la route 50

Chaque ville a son walking tour qui retrace son histoire. On te conseille de te munir de la brochure « Your guide to the loneliest road in America » que tu trouveras dans les Offices de tourisme ou Chambres de commerce. Cette brochure parle de toutes les villes de la route 50 et des walking tours de chacune d’entre elles, tu peux les faire selon tes envies et en toute liberté. Tu peux également visiter ce site internet pour trouver des infos et des brochures : brochures et maps de la route 50, Nevada.

Le guide pour visiter la route 50

Ely

Déjà abordée plus haut, on y a passé 2 nuits à l’hôtel Prospector. Le but des 2 nuits à Ely étaient d’arriver tranquillement et visiter les alentours d’Ely et avoir une journée pleine pour visiter le parc national de Grand Basin vers Baker. Ça nous faisait 2 tampons (Ely et Baker). On t’encourage à passer à la Chambre de commerce à Ely pour prendre des infos sur les endroits à visiter de la ville et les horaires d’ouverture. La dame est super sympa et très serviable. Au moment où nous visitions Ely, nous avons juste déambuler dans la ville à photographier quelques façades et des fresques. Comme mentionné, nous avons fait une visite rapide au Ward Charcoal Ovens, mais il y a encore bien des choses à visiter à Ely. Voici un résumé :

  • Walking tour avec la brochure en main
  • Le tour de la street art
  • Visiter le Nevada Northern Railway Museum, à ce qu’il paraît il y a des tours sympas à faire en plus
  • White Pine Public Museum
  • Le parc d’état Ward Charcoal Ovens, à 30 minutes en voiture et une bonne dizaine de kilomètres sur une route non pavée (intéressant quand la nuit pointe… et… sans réseau téléphonique !)
  • Le Cave Lake State Park, qui avait l’air très joli avec des sympathiques randonnées, mais on y est arrivé en fin de journée et le soleil allait se coucher

A 1h30 de route depuis Ely, il y a Baker, avec son parc national de Grand Basin. Ce parc national est trop peu connu en Europe, mais il vaut le détour. Des grottes, un glacier, des balades au milieu des forêts colorées aux couleurs d’automne et des arbres, les pins Bristlecone, vieux de 3500 ans ! Un article sur notre blog voyage sera consacré à Great Basin National Park.

Visiter Ely sur la route 50 Nevada
Plusieurs clichés d’Ely
Prospector Hotel à Ely Nevada
Le Prospector Hotel à Ely
Parc national de Grand Basin sur la route 50
Parc national de Grand Basin à Baker

Eureka

Ville de prospecteurs depuis 1864, étape du Pony Express, le ton est donné. Eureka, notre petite préférée, est mignonne à sa façon et surtout est la ville la plus sympathique de la route la plus solitaire des USA. Et c’est vrai ! On t’a déjà parlé de la gentille dame du musée plus haut, mais Alexandra a croisé un cowboy à la tête renfrognée très sympa et serviable. A Eureka, t’as la banane !

Il faut prendre le temps de s’arrêter pour se dégourdir les jambes dans cette ville qui sent bon la ruée vers l’or et le Far West. C’est très simple, car la Maine Street regroupe 24 des 36 points d’intérêts de la ville. Autant de bâtiments historiques, allant du saloon à l’opéra. Selon les jours de visite, tout n’est pas ouvert mais pour nous le plaisir est dans la balade et les façades. C’est aussi l’occasion de trouver un endroit pour faire tamponner sa carte de la route. Les partenaires ont une affiche sur la devanture. Attention, le samedi presque tout est fermé. Comme on te l’a dit, c’est au musée du journal local qu’on a trouvé notre bonheur.

Visiter Eureka sur la route 50 Nevada
Quelques clichés d’Eureka

Austin

Une veine d’argent trouvée dans la région a propulsé ce camp mineur, situé à 2’000 mètres, en une ville champignon de 8’000 habitants en un temps de record. Si bien qu’en 1865 Austin était la 2ème plus grande ville du Nevada. Même si maintenant, avec moins de 200 habitants, elle a plus des airs de ville fantôme que de capitale minière, elle garde la trace de ce passé glorieux. 16 points d’intérêts à découvrir, mais un bref passage par la rue principale suffit largement.

Visiter Austin sur la route 50 Nevada
Vue sur la toute petite ville d’Austin

Façades d'Austin sur la route 50 dans le Nevada

Enseignes d'Austine sur la route 50 Nevada

La plus vieille banque du Nevada à Austin
La plus vieille banque du Nevada à Austin

Emblèmes d'Austin Nevada

Fallon

Avec plus de 8’600 habitants, Fallon fait office de grande ville et de dernier arrêt sur notre parcours à travers la route 50. Nous avons visité cette ville dans tous les sens, non pas pour son charme qui n’est pas au rendez-vous, mais pour obtenir le si précieux dernier tampon pour notre épopée. C’est finalement au musée de la ville que nous avons trouvé notre bonheur.

A Fallon, nous voulions absolument voir la réserve de Stillwater National Wildlife refuge (et on se réjouissait beaucoup !), qui abrite de nombreux oiseaux mais malheureusement, c’est fermé le samedi. Avec ses 43 points d’intérêts, il y a quand même de quoi visiter. Pourtant, même si c’est la plus active des villes que nous avons traversées, c’est aussi pour nous la plus glauque et la moins charmante. Est-ce parce que nous sommes arrivés à la fin de notre visite de cette fameuse route 50 et que déjà un peu de nostalgie s’emparait de nous ? Difficile à dire, à toi de nous en parler quand tu iras sur place…

Visiter Fallon sur la route 50 Nevada

Sand Dune près de Fallon Nevada
Au bord de la route 50, des dunes juste avant Fallon

Dayton

Nous ne l’avons pas visitée, car elle nous éloignait trop de notre route pour la suite de notre voyage. Pourtant, elle vaut sans doute qu’on s’y arrête car bien que toute petite, elle propose plus de 30 points d’intérêts dont le bureau du Pony Express. Les fans d’histoire de l’Ouest américain apprécieront.

Road trip sur la route 50 : notre bilan

Nous étions très curieux de voir de nos yeux ce mythe de la route 50, la plus solitaire des USA. On avait un petit regret de laisser l’Utah et sa roche rouge derrière nous, mais on savait que le voyage allait encore nous réserver des surprises. Aussi, dès le départ, nous nous sommes vraiment imprégnés du paysage, de l’atmosphère et de la solitude des lieux. Entre Ely et Eureka, nous avons croisé quelques véhicules, de quoi nous rassurer un peu (il s’avère que c’était les habitants d’Eureka, qui venait au supermarché d’Ely pour faire les courses…).

Willow creek Ranch près de Ely Nevada

La suite du trajet était très contemplative et toujours intéressante. OK, le Nord du Nevada, c’est une succession de grandes vallées désertes entrecoupées de montagnes, mais il y a partout quelque chose de beau. Une ruine, une roche, une montagne, une vielle station essence, etc. Tout au long de la journée, un parfum d’aventure régnait dans l’air. De quoi la prochaine vallée sera faite ? Est-ce que je vais revoir de la civilisation ? Comme faire si on crève un pneu (oui, parce qu’il n’y a pas de réseau téléphonique) ? Pourquoi l’aiguille de l’essence descend si vite ?

Alors, oui, les paysages majestueux et incroyables de l’Ouest américain étaient derrière nous, mais le Nevada avait une autre culture, un autre goût, plus brut, une beauté qui ne se donne pas facilement. C’est de plus en plus rare de nos jours de pouvoir se faire de petites aventures, des moments authentiques. A ce moment-là, tu ne penses pas à tes soucis du quotidien.

On a vraiment aimé voir un Nevada différent de ce qu’on s’imaginait, dans son jus et avec des endroits insolites à découvrir. On se dit qu’on devrait une fois consacrer un road trip uniquement pour visiter le Nevada, car il y a encore beaucoup d’autres points d’intérêts assez surprenants (je pense au parc d’état de Cathedral Gorge ou à d’autres villes au Nord du Nevada comme Elko). D’ailleurs, si visiter une Amérique différente et dans son jus te tente, mais que tu ne sais pas comment organiser ton voyage au Nevada, tu peux regarder le site de Terre Voyages pour un voyage insolite au Nevada. On le répète, le Nevada ce n’est clairement pas Las Vegas, loin de là !

Nous avons traversé des villes au passé glorieux et au présent desséché. Il n’y a tellement personne que lors des arrêts photos, nous avions les villes pour nous. En ville mais loin de tout, sur la route et au bout du monde c’est ça la route 50. Ce qui frappe également c’est que bien qu’isolés et souvent désolés, les lieux que nous avons traversés gardent tous très présent une trace des fantômes d’une gloire passée.

Plus qu’on voyage en voiture, nous avons fait un voyage dans le temps, aux pays des cowboys et des chercheurs d’or, les vrais ! La route 50 est la plus solitaire de Etats-Unis ? Sans aucun doute ! Une route ennuyeuse à travers le Nevada ? Pas 1 seconde !

Alors, y-a-t-il un aventurier en toi prêt à découvrir ce Nevada ?

Et si tu épinglais une route pas comme les autres sur Pinterest ?

Route 50, la plus solitaire des USA dans le Nevada Pinterest

Route 50 Nevada, la plus solitaire des USA Pinterest

24 Comments
  • quoi vous avez pas réussi à choper l’accent du coin en 3 semaines ?
    une belle aventure
    je n avais jamais entendu parler de cette route contrairement à la 66 ou la 1
    c pas le genre d endroit où tu as envie d avoir un problème
    du coup comment il a fait pr joindre les secours le cow boy ?

    • Salut Tania ! Le truc, c’est qu’en plus de l’accent, il y a tout ce qui va autour comme avoir du style avec un chapeau de cowboy ! ;o)
      C’est ce qui nous a séduits avec cette route, c’est qu’elle est mythique et historique, mais très peu connue, elle sort complètement des sentiers battus. Sur la route 50, tu te sens vraiment loin de tout, c’est une partie de tes vacances un peu à part, mais qui, avec quelques adaptations et sacrifices, s’intègre bien dans un road trip dans l’Ouest des USA.
      On pense que le cowboy devait avoir une CB (Citizen-band) et que quelqu’un a entendu qu’il avait un problème.

  • Quel beau road trip ! Cette route, que je ne connaissais pas, est très belle et respire vraiment la solitude. J’adore le concept des tampons et du certificat, c’est un souvenir insolite ! Vous m’avez donné envie de prendre la route et de partir à l’aventure … ce parcours avait l’air fou 🙂 ça doit être incroyable de se balader seuls dans de telles villes !

    • Coucou Roxane et merci pour ton commentaire et ta fidélité ! On t’avoue que l’idée du guide de survie était très ludique et nous a beaucoup fait marrer, c’était le petit piment de l’aventure sur la route 50. En plus, la brochure est vraiment bien faite, donc t’es seule, mais pas perdue. Ca va te donner des idées pour quand tu pourras organiser ton road trip dans l’Ouest américain ;o)

    • Coucou Mel et merci pour ton commentaire ! Rassure-toi, pas beaucoup de gens connaissent la route 50 aux USA. Elle est “perdue” dans le Nord du Nevada qui est loin des routes touristiques traditionnelles ;o)
      Mais pour nous, c’est clairement une aventure qui vaut le coup d’intégrer à un road trip dans l’Ouest des USA.

  • Votre article m’a complètement passionné ! C’est fou de se dire que te tels lieux existent encore aujourd’hui aux USA ! Désertiques d’un point de vue naturel mais aussi au niveau de la “civilisation”, ravitaillés à ce point par les corbeaux…
    Je ne suis habituellement pas fan des gros traitements d’images car j’aime bien garder une certaine authenticité dans le rendu photo pour que chacun se créé son idée, son atmosphère, mais je dois dire que je valide complètement. Bravo, ça m’a bien aidé à rentrer dans cet univers si particulier avec votre récit !

    • Coucou Olivier et merci pour ton message ! Oui c’est vrai que c’est chouette de se dire qu’il existe encore des endroits comme ceux-ci aux USA. Mais en finalité, la route 50 n’est pas une exception, en Utah aussi, il y avait des endroits plus que désertiques avec vraiment personne à la ronde. C’est vrai qu’on a un peu travaillé la photo-titre, c’était comme tu dis pour l’ambiance. Cette photo reflète vraiment l’atmosphère de notre voyage sur cette route 50 dans le Nevada ;o)

  • C’est tellement étonnant et hors du commun !
    La différence de taille entre des pays immenses comme les Etats-Unis, le Canada ou la Russie et des pays comme la France ou la Suisse par exemple fait qu’on ne peut pas avoir ça chez nous. Du coup ça donne vraiment un côté extraordinaire 🙂 ça doit être très chouette à faire et que je suis fasciné par ces montagnes et ces grands espaces…c’est incroyable.
    Quant à l’illustration de cet article, que dire… je viens de recontacter mon ophtalmo j’ai la rétine enflammée par tant de beautés :-p

    • Salut Nico et merci beaucoup pour ce gentil commentaire ! On comprend tellement ton point de vue, ce sont des pays tellement immenses, qu’on n’imagine pas de tels espaces et immensités, ça en donne presque le vertige ! En tout cas, vu de notre petite Suisse, rien que le Nevada nous paraissait déjà gigantesque ;o)

    • Coucou Céline ! C’est la particularité de la route 50, elle est hors des circuits habituels et des réseaux connus. Rien que pour la rejoindre, faut vraiment être motivé car avant d’arriver sur la route 50, t’as déjà une bonne centaine de kilomètres de route déserte, mais c’est une belle aventure lors d’un road trip aux USA !

  • Cette route a l’air sympa, les petites villes sont mignonnes et le petit guide de survie hyper ludique. Et en plus si ça permet de rencontrer des américains sympas… Bref je n’avais jamais entendu parlé de cette route et maintenant j’ai envie de la parcourir 🙂

    • Salut Aurore et merci de ta visite sur le blog. Oui, c’est ça qui est super c’est que parcourir la route 50, c’est très ludique. Un vrai petit jeu de piste, ça nous a beaucoup plu. On espère que ça donnera envie à beaucoup de gens d’aller la découvrir.

  • Hello,
    C’est pas sympa de votre part de me donner encore envie de partir en road trip aux USA 😀 Cette route semble vraiment sympa et bien flippante au préalable quand on regarde les instructions !! Un peu comme dans la vallée de la mort quand ils préconisent de prendre 8L d’eau lol ^^ En tout cas vos photos de stations essences désertes et autres petits commercent rendent vraiment hommage à l’âme des US !

    • Coucou Florence et merci pour ton commentaire et non, on n’est même pas désolés ! Ha ! Ha ! ;o) T’as bien raison de faire le lien avec la Vallée de la Mort, car justement, on est allé là-bas juste après la route 50 et du coup, la Vallée de la Mort nous a paru moins impressionnante. Oui c’est beau, mais rien que nous n’avions pas vu lors de notre road trip dans le Nord du Nevada (hormis les 45 degrés !). C’est exactement ça avec la route 50, c’est vraiment l’âme des USA avec pas mal de ses clichés.

    • Coucou et merci pour ton commentaire ! On avoue qu’une fois fini d’écrire cet article sur la route 50, on avait bien envie de repartir en road trip dans l’Ouest américain. Ca nous manque, cette région des USA a un vrai goût d’aventure ;o)

  • Merci pour la découverte, je n’avais jamais entendu parler de cette route. Nous qui sommes amateurs de grands espaces peu fréquentés, je note pour un prochain voyage aux States. Great Basin semble magnifique et propice aux randonnées. Bises à vous deux 🙂

    • Coucou Maud et merci pour ton message. Alors oui, si t’aimes les grands espaces hors des sentiers battus, la route 50 ne peut que te plaire ! On avait également posté l’article sur la visite de Kodachrome Basin qui est hors des sentiers battus et très beau, dans le Sud de l’Utah. Et on confirme, Great Basin National Park, c’est vraiment un parc national méconnu des Etat-Unis, mais il est vraiment très beau, avec des vues incroyables sur le désert du Nevada. Bref, les Etats-Unis n’auront jamais fini de nous en mettre plein la vue ! Bises à vous 2 aussi les copains ;o)

  • “Alors, y-a-t-il un aventurier en toi prêt à découvrir ce Nevada ?”MAIS MOIIIIII !!! JE VEUX !!!! je SIGNE LA MAINTENANT!! Je me rappelle du Montana et des désillusions sur ses routes solitaires et abandonnées. Un mélange entre film d’horreur et authenticité. Parfois on a eu envie de rebrousser chemin en effaçant toutes les horreurs qu’on a vu mais d’un côté on avait aussi envie d’en découvrir d’avantage. Une soif constante d’aventure. Et là en lisant ce récit, j’ai envie de retourner aux Etats Unis, à travers ces routes incroyables pleine de caractère. Merci pour ce petit moment d’évasion et à l’année prochaine pour de nouvelles aventures.. car je ne vous l’ai peut-être pas encore dit mais j’envisage un road-trip en Suisse…… hihi ( petit secret )

    • Coucou Laetitia et merci pour ton message ! Je savais que tu avais une âme aventurière ;o) Je me souviens de ton road trip dans cette partie des USA et effectivement parfois ça avait l’air un peu bizarre, mais en même temps, c’est aussi ça le voyage, il n’y a pas que des paillettes et du coup ces endroits étranges te donnent d’autres sensations (mais plus longues à “digérer”).
      Bon, t’es sûre que c’est toujours un secret ton road trip en Suisse ?! Quoiqu’il en soit, j’espère que tu passeras nous faire un coucou à Lausanne !

    • Merci pour ton passage sur notre blog voyage ! Ca fait toujours plaisir d’écrire sur des endroits moins connus, comme la route 50, dans un pays aussi connu que les USA ;o)

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