Road Trip : direction Connecticut

B&B Scranton Seahorse Madison Connecticut

Ça y est, c’est l’arrivée. Le vol et les interminables formalités douanières sont derrière. Mieux ! Personne n’a décidé de faire sauter nos valises qui tournaient en rond depuis 2 heures sur le tourniquet à bagages.

Nous voici hors de l’aéroport, avec une seule idée en tête : aller chercher la voiture et commencer enfin ce road trip qui occupe nos week-ends depuis des mois et nos pensées depuis bien plus encore.

La prise en charge du 3ème larron : la voiture

C’est ainsi que nous vient tout naturellement notre 1er conseil : quand on loue une voiture, il faut bien s’assurer que le loueur se situe à l’aéroport ou dans l’aéroport disons-le comme on veut, mais pas « à proximité de l’aéroport » ou même « à côté de l’aéroport ». Pourquoi ?

Parce que lorsqu’on se retrouve à attendre une navette qui doit nous mener au loueur et qu’on n’a aucune idée de quand cette navette est passée pour la dernière fois, ni quand elle passera à nouveau, ni même si elle repassera un jour (eh oui après des mois d’attente, 8 heures de vol et 2h à la douane, on peut devenir un peu tendu voire même parano, oui Mesdames & Messieurs !).

Je vous peins la situation : conduits dans une petite rue déserte par des panneaux aux couleurs du loueur, 200 m après la sortie de l’aéroport, on trouve un banc et pour tout indice un écriteau nous indiquant qu’une navette viendra nous chercher pour nous amener au bureau de location. OK.

Alors là j’ose 2 petites questions : 1) elle passera QUAND ? 2) comment elle sait la navette qu’elle doit passer nous chercher, nous, nos énormes valises, notre décalage horaire et mon début de scepticisme ? Car la précision et la notion d’horaire sont des concepts qui manifestement ne voyagent pas hors de la Suisse, et si jamais c’était le cas, ils ont raté leur vol. Donc sur le petit écriteau, il n’est pas écrit que la navette passe toute les 10 ou 20 minutes, ou bien tous les 27 de chaque heure, rien ! Elle passera nous chercher POINT. A nous de faire avec ça. Je cherche une sonnette ou un téléphone qui nous permettrait de signaler notre présence, car on n’a pas vu un rat depuis notre arrivée mais que nenni ! Take it Easy : 1 – Pragmatisme helvétique : 0

Viendra ou viendra pas ?

Bon, je vous passe, l’agacement et le doute qui se sont partagés les 30 minutes d’attente de cette fameuse navette pour vous amener directement à la prise en main de la voiture, mais je suis convaincu que vous tiendrez compte du conseil nr 1 lors de votre prochaine réservation.
Nous voici donc au guichet du loueur (Alamo si jamais) où nous découvrons 2 jeunes femmes très sympathiques et enjouées, mais bien plus préoccupées par l’organisation de leur Friday Night que par notre sort. 2 à 0

Finalement après 20 minutes au guichet et un surclassement, on se retrouve avec les clés de notre Ford Escape. J’en profite pour vous dire qu’on avait choisi une voiture volontairement assez grosse, c’est les USA après tout. En plus avec 4’500 km à faire au volant, mieux vaut un salon roulant avec une belle calandre chromée qu’une Yaris, moi j’dis ça j’dis rien…

Cette fois on est au volant, enfin Alexandra est au volant, moi je suis bien trop nerveux et trop jeune conducteur pour me lancer directement dans la périphérie de New York à 17h. Vous nous imaginez là ? Dans la tête on a Born to be Wild des Steppenwolf, on crie On the Road Again version Poelvoorde dans « Le Boulet », on est à fond !!! Et là, c’est le drame…

17h périphérie de New York et même plus loin…

On a fait 100 m, on tire sur la gauche pour aller chercher la Highway la plus proche GPS à l’appui et là, les bouchons. Pas les bouchons. Les BOUCHONS d’un vendredi 17h (veille d’un long week-end en plus), dans la ville la plus peuplée du pays au monde qui aime le plus les voitures !!! Un pays qui considère les pendulaires qui font moins de 2 heures de trajets comme des petits joueurs. Ces bouchons-là. Au bout de 200 m il n’y a plus de Born to be Wild, plus d’excitation. 3-0, fin du match

Une fois que nous avons pris la mesure de ce qui nous attendait, nous avons pris notre mal en patience, profitant tout de même du moment, du lieu et du voyage qui commençait. Peut-être pas comme on s’y attendait, qu’importe ? Après tout ce n’était pas 21 km de bouchons (il y avait des panneaux très clairs sur le sujet le long des routes), mais 21 km de Traffic Jam à prononcer avec l’accent. En soit, déjà une aventure quand se succèdent limousines et gros 4×4 roulant sur les trottoirs pour gagner quelques places dans ce pétrin à 4 voies, autant le voir comme ça.

Partir sur la route 1 mois c’est accepter les petits imprévus, même après 30 minutes du départ. On arrive à Stamford (Yes on est dans le Connecticut) et là ce sont les bouchons de Stamford qui débutent… Alors on attend, on passe devant l’enseigne d’une grande banque suisse où Alexandra s’y verrait bien bosser (Stamford why not ?)…

Trafic Jam périphérie de New York

Prochaine étape : Madison

Nous voici donc toujours sur la route, lentement mais surement. Nous avions réservé une chambre dans un charmant Bed & Breakfast à Madison dans le Connecticut, le Scranton Seahorse Inn. Le style très Nouvelle-Angleterre nous avait vraiment tapé dans l’œil. Nous avions choisi une chambre avec une cheminée, un grand lit et une baignoire jacuzzi pour plusieurs raisons. 1) se mettre à fond dans l’ambiance, 2) bien se reposer après le voyage et 3) se délasser après 8 heures de classe Eco et de la route. Autant se faire plaisir pour bien commencer quitte à viser plus modeste par la suite.

Sur la route, les bouchons semblaient ne jamais vouloir s’arrêter et si nous nous étions faits une raison un nouveau problème allait bientôt se profiler : le B&B ne pouvait pas nous recevoir après 20h et il devenait clair que nous n’y serions jamais à temps, voire jamais tout court à ce rythme…

Enfin un peu de répit

Nous avons donc rejoint la sortie d’autoroute la plus proche, mètre par mètre, dans le but de trouver un wifi et de quoi se nourrir un peu. Et c’est là que nous tombons sur un Whole Foods Market. C’était juste ce dont nous avions besoin. On peut autant y faire ses courses, que choisir toutes sortes de plats chauds et cuisinés sur place. Après quelques achats pour plus tard et avoir choisi de quoi manger nous sommes passés à la caisse, pensant aller manger dans notre voiture. Que nenni !

Après la caisse nous avons trouvé toutes sortes de belles tables en bois qui collaient bien avec l’ambiance et le côté très éco-bio-emballage en papier recyclé de l’enseigne. Mais cherry on the cake : il y a un bon wifi et gratuit. Comme nous avions organisé nos vacances par mail ou appli, nous avions fait un mail au B&B pour prévenir de notre situation, très simplement. Pas d’appel, pas de frais, pas d’anglais approximatif, zen… 10 minutes plus tard, alors que nous finissions de manger, le gérant de Scranton Seahorse nous répondait pour nous dire de ne pas nous inquiéter et de prendre notre mal en patience (il voyait très bien dans quelle galère on était), nous donne encore quelques conseils pour la route et où trouver la clé à notre arrivée. Le tout terminé d’un sympathique take care. Nickel 4-0

Whole Foods Market

Le Scranton Seahorse Inn

Finalement, nous y sommes arrivés. Comme prévu la clé nous attendait dans un mignon petit panier derrière la maison, avec en prime un petit mot pour nous souhaiter la bienvenue et ne pas hésiter à nous préparer un petit thé bien chaud. Les formalités attendraient le lendemain. Comme ça fait du bien ! Nous avons pris nos quartiers, découvert une chambre spacieuse et très typée Nouvelle-Angleterre. So cute ! Un bain dans le jacuzzi bien apprécié, comme anticipé lors de notre réservation et un grand coup de décalage horaire, on était cuit à point.

Le lendemain au réveil, nous avons pu apprécier d’avantage ce B&B. Dans un style typique c’est exactement ce que nous chercherions dans notre quête de cet esprit très New England. Je sors de la chambre suivi d’Alexandra endormie, et le parquet craque légèrement sous nos pas. Pas un bruit, mais un salon où rentrent par les grandes vitres des beaux rayons d’une lumière chaude qui vient lécher les meubles patinés, parfaitement raccord avec les lieux. Magique. On était en plein Agatha Christie.

Une scène hors du temps

Je jette un coup d’œil en direction du hall principal où se prend le petit déjeuner, et sous le grand lustre je vois une femme de dos lisant un livre, immobile. C’est une image qui me restera longtemps. Une scène hors du temps à cause du décor de la situation. De dos, elle aurait pu sortir d’un roman du 19ème siècle. Nous apprendrons plus tard qu’elle était elle-même une écrivaine en promo dans la région pour son livre. La table est commune pour le petit déjeuner et elle a donc pu nous donner quelques tuyaux sur Boston, là où elle habite.

Passé cette petite scène que je voulais vous décrire, je vais vous parler un peu plus de B&B. Le Scranton Seahorse est très bien coté et pour cause, il le mérite. Très bien aménagé et entretenu, la maison victorienne dans toute sa splendeur. Michael, le patron, est un homme très sympathique qui cuisine en plus de superbes petits déjeuners (c’est à cause de lui qu’on est devenu des granola addict). Il ajoute à cela des cookies faits maison qu’on trouve dans de grandes boîtes au 1er étage. Du café et du thé sont également prévus. Ce sont des petites choses, mais elles nous ont fait nous sentir comme chez notre grand-mère.

B&B Scranton Seahorse Madison Connecticut salle à manger

Hammonasset Beach State Park

Enfin le 1er jour d’une longue série, on est prêt à partir en visite. Michael nous conseille le Hammonasset State Park. Ni une ni deux, on y est allé. Comme nous étions hors saison, juste avant en fait, il était désert, pas un chat dans le parking. Complétement opérationnel mais vide et gratuit. Ce parc mérite qu’on y passe un moment pour la beauté de ses paysages côtiers, ses plages sans fin, sa nature vraiment préservée et des oiseaux de toutes sortes. Difficile d’imaginer qu’on est si près de NY… sans les bouchons bien sûr…

Hammonasset Beach State Park

Stony Creek et les Thimble Islands

Les Thimble Islands sont des petites îles à base de roches de granit rose. Vous pouvez très bien les voir depuis Stony Creek. Des croisières sont proposées, mais nous ne l’avons pas expérimentée. On s’est juste baladé le long des berges. Il y avait clairement des airs de Bretagne. C’était bluffant. Le granit rose rappelait Perros-Guirec et ces Thimble Islands, le Golfe du Morbihan avec cependant, des îles plus petites. Un endroit tout calme et charmant, dans la nature. Une Amérique comme on ne la connaissait pas, mais que ce voyage allait nous faire découvrir.

Stony creek et Thimble Islands

Les berges de Stony creek dans le Connecticut

Clinton Crossing Premium Outlets

On est en Amérique ou pas ? Oui, alors on va au village outlet, c’est comme ça, même si ça ne fait que 24h qu’on est sur ce continent. Et c’est surtout comme ça qu’Alexandra l’entendait et comme d’habitude, c’est moi qui ait trouvé des fringues et pas elle… du coup je lui ai offert un sac à main que je trouvais, moi, trop beau. Voilà pour la petite histoire, mais ça l’a fait délirer de pouvoir faire du shopping à 20h on ne peut pas lutter contre ça.

Et c’est là qu’on quitte notre 1ère étape de 2 nuits et Michaël, en empruntant la route côtière pour en profiter encore au maximum car les paysages sont splendides, avec des phares, des ponts enjambant des bras de mer, etc.

Prochaine étape : Cape Cod, en passant par le Rhode Island

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